{"id":1179,"date":"2022-03-06T11:03:37","date_gmt":"2022-03-06T10:03:37","guid":{"rendered":"http:\/\/jeuderole.empiregalactique.site\/?page_id=1179"},"modified":"2022-03-06T11:07:36","modified_gmt":"2022-03-06T10:07:36","slug":"vacances-spatiales-nouvelle-dambiance","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/jeuderole.empiregalactique.site\/index.php\/passeport-pour-empire-galactique\/vacances-spatiales-nouvelle-dambiance\/","title":{"rendered":"Vacances spatiales (nouvelle d&rsquo;ambiance)"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><code>Vacances sur l'Esperanza -- post\u00e9 le 22-23 Brah\u00e9 1510 TU<\/code><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(<em>Extrait du blog de Venus Primi, pressyborg<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est toujours l&rsquo;actu qui d\u00e9cide quand on part et l\u00e0 y&rsquo;en a une br\u00fblante pour toi, Coco ! Et quand tu m&rsquo;en reparleras, je veux un papier au parfum de v\u00e9rit\u00e9, Coco. Je te l&rsquo;ai dit cent fois, si tu veux parler d&rsquo;un truc, exp\u00e9rimente-le d&rsquo;abord. Toujours les trois r\u00e8gles ! Primo, le terrain, secundo le terrain et tertio le terrain !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le patron, toujours \u00e0 m&rsquo;appeler Coco. En fait, il appelle tout le monde Coco. J&rsquo;\u00e9tais ravie de partir pour huit jours sur le nouveau l\u00e9viathan de la Transgalactique. J&rsquo;aime le terrain, me frotter \u00e0 l&rsquo;actu. Ce que j&rsquo;aime moins c&rsquo;est qu&rsquo;on me dise \u00ab\u00a0Coco, ton vaisseau t&rsquo;attend. Tu as trente minutes pour rejoindre l&rsquo;astroport\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai tout juste le temps de rentrer \u00e0 mon conapt, jeter trois affaires dans mon sac, sortir en trombe et foncer vers l&rsquo;astroport d&rsquo;Iris en flirtant avec la mort dans la circulation a\u00e9rienne des heures de pointes, \u00e0 fond la caisse dans mon vieil h\u00e9limob. Ce vieux filou de r\u00e9dac-chef avait d\u00e9j\u00e0 tout bien synchronis\u00e9. Il avait envoy\u00e9 Trevor m&rsquo;attendre au terminal d&#8217;embarquement, avec les billets, l&rsquo;ordre de mission, le cr\u00e9ditube et le dossier de presse de la Transgalactique sur l&rsquo;Esperanza. \u00ab\u00a0T&rsquo;arrives seulement maintenant ?\u00a0\u00bb me demande b\u00eatement Trevor. Trevor a toujours \u00e9t\u00e9 un con. Mais il a au moins une qualit\u00e9 (et c&rsquo;est bien la seule \u00e0 mon avis), c&rsquo;est un con qui est toujours l\u00e0 au moment o\u00f9 on besoin de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me casse avec un \u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e7a, merci, au revoir\u00a0\u00bb pour me pr\u00e9senter \u00e0 l&#8217;embarcad\u00e8re. Me faufilant en courant entre les touristes, les personnes d&rsquo;affaires et les formecs porteurs, j&rsquo;arrive tout juste avant que ne se ferme le sas de coup\u00e9e du vaisseau. C&rsquo;est toute l&rsquo;histoire de ma vie : toujours sur le fil du rasoir LOL.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Bronzage Int\u00e9gral est un petit Candel \u00e9d\u00e9nien filant \u00e0 20 EAL \u00e0 l&rsquo;heure, \u00e0 bord duquel on n&rsquo;est pas \u00e9touff\u00e9 par le confort. Assise entre un gros marchand qui devrait faire plus attention \u00e0 son corps et un jeune couple avec son b\u00e9b\u00e9 braillard, le voyage commence bien. Et il va durer 15 heures\u2026 Oups, non, 15 heures et 30 minutes. La voix du pilote nous annonce que l&#8217;embarquement ayant \u00e9t\u00e9 retard\u00e9, notre d\u00e9part est recul\u00e9 d&rsquo;une demie-heure en raison du trafic dans l&rsquo;espace cislunaire de Hyacinthe. Je m&rsquo;enfonce dans mon si\u00e8ge et je jette des regards d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et de l&rsquo;autre, esp\u00e9rant que les autres passagers ne r\u00e9aliseront pas que j&rsquo;\u00e9tais la derni\u00e8re \u00e0 monter \u00e0 bord et donc que je ne suis pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 ce d\u00e9lai. Les agents de bord nous apportent des rafra\u00eechissements pour nous faire patienter. Toujours ce m\u00eame sourire artificiel quand on s&rsquo;ennuie \u00e0 mourir en bourlinguant sur un rafiot insignifiant pendant de nombreuses ann\u00e9es. \u00ab\u00a0Votre mission, ouvrir cette cannette\u00a0\u00bb, c&rsquo;est du concentr\u00e9 d&rsquo;adr\u00e9naline, pour s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre moi, de l&rsquo;adr\u00e9naline, j&rsquo;en ai \u00e0 revendre. Il me faut dix minutes pour retrouver mon calme. Je dois prendre sur moi pour ne pas donner un coup du coude au gros qui mange son sandwich comme un por\u00e7on, ni pour hurler plus fort que le b\u00e9b\u00e9 pour le terroriser et le faire taire. Si au moins j&rsquo;avais suivi les cours de conscience psi \u00e0 l&rsquo;acad\u00e9mie\u2026 et surtout si je n&rsquo;avais pas oubli\u00e9 ma foutue bo\u00eete de stimmos \u00e0 la maison !!!<\/p>\n\n\n\n<p>Pour passer le temps pendant les pr\u00e9paratifs pr\u00e9-d\u00e9collage qui doivent occuper le pilote et le m\u00e9canicien dans leur cabine transparente au sommet de la d\u00e9rive de proue, j&rsquo;observe l&rsquo;activit\u00e9 sur le tarmac. Non loin de notre vaisseau, un petit Tabron de type Luciole repose sur ses champs suspenseurs au repos. Vu ses lignes pataudes, cela a d\u00fb \u00eatre un vieux caboteur intrasyst\u00e8me, une antique barge \u00e0 fusion modifi\u00e9e il y a des centaines d&rsquo;ann\u00e9es via l&rsquo;installation de propulseurs Varlet et le remplacement de sa coque de trifibranne par une enveloppe en hyperfilament \u00e9nergis\u00e9. Leur pilote a activ\u00e9 la transparence partielle de coque et je peux constater que c&rsquo;est un panzanop\u00e8de. Deux \u00catres sont en train d&rsquo;effectuer des op\u00e9rations de maintenance sur l&rsquo;intrados de l&rsquo;appareil, maintenus t\u00eate en bas par leurs semelles inductrices. Le plus trapu est un ballik v\u00eatu d&rsquo;un salopette malachite trop grande pour lui, et l&rsquo;autre est un humain. Le premier se met \u00e0 donner de grands coups sur une plaque de blindage avec son outil, et l&rsquo;autre se pr\u00e9cipite et commence \u00e0 l&rsquo;engueuler. J&rsquo;ai juste le temps d&rsquo;apercevoir le nom du vaisseau &#8212; <em>3A1 Arsino\u00e9<\/em> &#8212; avant que notre navire ne commence \u00e0 s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 la verticale dans le bourdonnement sourd de ses motivateurs antigrav.<\/p>\n\n\n\n<p>La sph\u00e8re TriD interactive se mat\u00e9rialise devant moi. Je pointe un doigt sur la commande d&rsquo;immersion et me voil\u00e0 isol\u00e9e sous un c\u00f4ne d&rsquo;intimit\u00e9, environn\u00e9e de la projection holographique des imageurs ext\u00e9rieurs accompagn\u00e9e de donn\u00e9es de vol simplifi\u00e9es. Ca m&rsquo;\u00e9vitera au moins d&rsquo;entendre les vagissements de ce foutu gamin et les gargouillis de ce foutu marchand en train de boire son soda. Lorsque le Bronzage Int\u00e9gral atteint l&rsquo;altitude de mille m\u00e8tres, une nouvelle vibration aux harmoniques subtiles remplace celle des antigravs : les moteurs Varlet viennent de d\u00e9marrer et la vitesse ascensionnelle du Candel progresse maintenant g\u00e9om\u00e9triquement.<\/p>\n\n\n\n<p>Je regarde vers le bas et je vois la surface du tarmac s&rsquo;enfuir sous moi, puis l&rsquo;astroport devenir une t\u00e2che grise dans le damier bariol\u00e9 d&rsquo;Iris, puis la m\u00e9gapole devenir une flaque de couleur terne sur la courbure de Hyacinthe II. Le ciel vire \u00e0 un indigo profond o\u00f9 les \u00e9toiles s&rsquo;allument une \u00e0 une. Le Candel franchit l&rsquo;exosph\u00e8re plan\u00e9taire et acc\u00e9l\u00e8re encore pour sortir de l&rsquo;espace cislunaire et gagner le point de translation qui lui a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas de jet de gaz ionis\u00e9 ou de panache de flammes de fusion \u00e0 la poupe du navire : un vaisseau \u00e0 propulsion Varlet en vol spatial n&rsquo;est pas tr\u00e8s spectaculaire et le seul \u00e9chappement \u00e9nerg\u00e9tique qui le caract\u00e9rise est la p\u00e2le lueur grenat \u00e9mise par ses surfaces de gauchissement. Sauf lorsqu&rsquo;il cr\u00e9e un point de V\u00e9rit\u00e9. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 vu ce spectacle des dizaines de fois, mais je n&rsquo;arrive pas \u00e0 m&rsquo;en lasser. Une corolle pourpre \u00e9clot devant nous, se d\u00e9ploie en faisant miroiter une portion d&rsquo;espace de plus en plus grande. Les vagues d&rsquo;\u00e9nergie, d&rsquo;un rouge-orange profond, s&rsquo;enroulent \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un diaphragme sur le pourtour du vortex, tandis qu&rsquo;un disque de noirceur absolue se dilate en son centre telle la pupille d&rsquo;une divinit\u00e9. Le vaisseau franchit l&rsquo;interface, puis le point de V\u00e9rit\u00e9 se r\u00e9tracte derri\u00e8re lui avant de dispara\u00eetre dans un ultime flash de lumi\u00e8re octarine.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s que le navire passe dans en vol hyperluminique, comme je suis maintenant plus calme, je me plonge sur les dossiers remis par Trevor. Ca me permet \u00e9galement d&rsquo;oublier les autres et de me retrouver seule dans le Triche-Lumi\u00e8re avec toutes ces sensations que j&rsquo;ai toujours aim\u00e9. La coque du navire semble se dissoudre dans le n\u00e9ant tandis que la Psychoperception prend le pas sur ma vue, mon ou\u00efe, puis mon odorat et finalement mon toucher. Des rideaux de draperies mordor\u00e9es s&rsquo;ouvrent sur le spectacle f\u00e9\u00e9rique des rubans soyeux des Routes entre les \u00e9toiles s&rsquo;entrecroisant dans un n\u00e9ant laiteux aux effluves cristallines.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Vaisseau Lehouine de Classe Galactique Navire de Sa Majest\u00e9 <em>Esperanza<\/em>. Les chiffres sur l&rsquo;holoplaquette donnent le tournis : trente millions de tonnes, trente deux kilom\u00e8tres de long, plus de deux millions cinq cents mille passagers, une capacit\u00e9 de transport maximale de 3000 Varlets et jusqu&rsquo;\u00e0 trois millions de tonnes de marchandises. Plusieurs villes, un massif montagneux, des for\u00eats, deux mers, des \u00eeles paradisiaques, une mer de lave crach\u00e9e par un volcan TriD. Pfiou !!<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 navigu\u00e9 sur des Lehouines, sur des petits (fa\u00e7on de parler) de Classe Economique de moins de cinq millions de tonnes, comme sur des Classe Syst\u00e8mes, plus massifs.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;architecture interne de certains de ces monstres pouvait comporter des EcoSys sur plateformes tout autour de la quille centrale contenant les terminaux de transport. On voyait les Varlets franchir le champ de force principal et nous fr\u00f4ler silencieusement avant d&rsquo;aller d\u00e9barquer leur passagers et leurs cargaisons. D&rsquo;autres \u00e9taient tout en cloisons \u00e9nerg\u00e9tiques, les seules ouvertures donnant sur le vide spatial.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u00e0, on parle carr\u00e9ment d&rsquo;un vaisseau-monde, comme Divine Endurance en route vers la galaxie d&rsquo;Androm\u00e8de, mais en plus petit.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux bonnes nouvelles se d\u00e9voilent en lisant le dossier. La premi\u00e8re est que les commerciaux de la Transgalactique ne nous tiendront pas la chandelle tout le long du s\u00e9jour : il n&rsquo;y aurau qu&rsquo;une seule conf\u00e9rence buffet pour tous les pressyborgs du secteur invit\u00e9s \u00e0 bord de l&rsquo;Esperanza, peu apr\u00e8s notre arriv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me, c&rsquo;est une chouette note du patron : \u00ab\u00a0Coco, on prend en charge tous tes frais, mais surtout n&rsquo;en profite pas pour acheter un vaisseau\u00a0\u00bb. Sympa. Je devine maintenant pourquoi il m&rsquo;a envoy\u00e9 au lieu de Trevor. D&rsquo;abord parce que Trevor est un vrai con. Ensuite, s\u00fbrement parce que le patron me r\u00e9compense pour le scoop sur le trafic d&rsquo;alyotis impliquant certains aristos de la Baronnie, les deux cents minutes d&rsquo;autodoc n\u00e9cessaires pour r\u00e9cup\u00e9rer des caresses appuy\u00e9es des deux gorilles envoy\u00e9s en repr\u00e9sailles, et la frayeur de risquer me voir quitter mon enveloppe physique plus d&rsquo;une fois au cours de cette enqu\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>La liste des activit\u00e9s propos\u00e9es sur l&rsquo;Esperanza est ph\u00e9nom\u00e9nale. Avec huit jours de disponible, le planning va \u00eatre serr\u00e9. Pour commencer, je pr\u00e9vois d\u00e9j\u00e0 de tester d&rsquo;autres r\u00e9sidences que le conapt dans Celestia que m&rsquo;a r\u00e9serv\u00e9 le journal. Un appartement dans la cit\u00e9 lacustre pr\u00e8s des plages, et pour finir le s\u00e9jour, un cottage dans la for\u00eat, histoire de m&rsquo;isoler un peu et de pr\u00e9parer mes notes et mes enregistrements.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me programme ensuite quelques activit\u00e9s. Commencer par m&rsquo;acheter de quoi me faire une garde-robe, parce que l\u00e0, je suis partie sans rien. Planifier ensuite une demi-journ\u00e9e de montagne, visiter la petite Venisse, plonger dans les eaux bleues d&rsquo;un atoll, faire de l&rsquo;\u00e9quitation \u00e0 la campagne, aller voir Copa-Columba et Festival (zut, je suis toujours interdite de casino !), la Mer de lave\u2026 et puis rencontrer des responsables des diff\u00e9rentes guildes pour les interviewer sur le navire et leur m\u00e9tier. Eh oui, faut bosser aussi, LOL.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours isol\u00e9e dans les fantasmagories psych\u00e9d\u00e9liques du Triche Lumi\u00e8re et dans mon travail, je commence \u00e0 Percevoir des remous \u00e0 une vingtaine d&rsquo;\u00e9quivalent ann\u00e9es lumi\u00e8re. Puis je vois une \u00e9norme d\u00e9formation de la trame du Triche-Lumi\u00e8re au centre de rides concentriques provoqu\u00e9es par une immense tra\u00een\u00e9e noire au go\u00fbt de charbon. A coup s\u00fbr le Lehouine, \u00e9norme vu la longueur de sa Veuve. En m\u00eame temps, j&rsquo;entends un carillon qui me fait revenir \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du Candel. Le gros marchand encore, ainsi que le b\u00e9b\u00e9\u2026 si mignon dans les bras de sa m\u00e8re quand il dort. C&rsquo;est un message du pilote. Nous sommes bien \u00e0 une heure de l&rsquo;Esperanza. Je ne m&rsquo;\u00e9tais pas tromp\u00e9e. C&rsquo;est fou comme on peut perdre la notion du temps quand on se laisse d\u00e9river dans ce que les doctes teknos appellent la Surdimension Kinest\u00e9sique.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus notre navire se rapproche, mieux je Per\u00e7ois l&rsquo;Esperanza et tout ce qui l&rsquo;environne. Par l&rsquo;\u00catre Supr\u00eame, on dirait une reine bazeille entour\u00e9e de centaines de bourdons. En \u00e9largissant ma perception, je d\u00e9couvre ce \u00e0 quoi je n&rsquo;avais pas encore fait attention. Des centaines de Varlets s&rsquo;\u00e9loignent ou s&rsquo;approchent du Lehouine suivant autant de vecteurs diff\u00e9rents dans ce qui n&rsquo;est qu&rsquo;en apparence la plus parfaite confusion. D&rsquo;autres lui tournent autour, probablement dans l&rsquo;attente d&rsquo;une autorisation d&rsquo;appontage. Nous approchons face au gigantesque l\u00e9viathan de l&rsquo;espace, puis nous nous mettons nous m\u00eame \u00e0 tourner sur un circuit d&rsquo;attente.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, les agents de bord r\u00e9veillent tout le monde et donnent les consignes de passage aux douanes. \u00ab\u00a0L&rsquo;introduction de produits stup\u00e9fiants non ludiques et de produits ludiques de classe 6 ou plus, ainsi que des armes et des protections individuelles de combat \u00e9tant interdite \u00e0 bord des vaisseaux Lehouine, vous pourrez d\u00e9poser en consigne aux douanes tous vos objets contrevenant \u00e0 ce r\u00e8glement. Veuillez \u00e9galement pr\u00e9parer votre carte d&#8217;embarquement\u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En voyant la t\u00eate paniqu\u00e9e du soldat situ\u00e9 deux fauteuils devant moi et demandant des explications aux agents de bord, j&rsquo;imagine que ce \u00ab\u00a0pseudo-commando de la mort\u00a0\u00bb n&rsquo;est jamais mont\u00e9 sur un Lehouine, peut-\u00eatre m\u00eame n&rsquo;est-il jamais all\u00e9 dans l&rsquo;espace, au moins sans tout son attirail LOL.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Candel fait enfin son approche finale en se dirigeant vers le champ de force opaque du dernier tiers du Lehouine, puis le traverse\u2026 Par l&rsquo;Empereur !!! Eclair\u00e9 par une p\u00e2le lumi\u00e8re blanche et par des millions de feux de signalisation, le hangar nous appara\u00eet comme faisant pratiquement toute la hauteur du vaisseau, six mille quatre cents m\u00e8tres. Pendant que nous nous dirigeons au ralenti vers l&rsquo;un des d\u00e9barcad\u00e8res passagers, je vois du cot\u00e9 de mon hublot la zone de fr\u00eat, une multitude de Varlets cargos, et tournant autour d&rsquo;eux commes des nu\u00e9es de moucherons, une arm\u00e9e de formecs g-z\u00e9ro manutentionnant des milliers de tonnes de marchandises, leurs gyrophares projetant sur les coques une lumi\u00e8re orang\u00e9e stroboscopique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ballet de formes, de mouvements et de lumi\u00e8re est fascinant. Je ne me suis m\u00eame pas rendue compte de l&rsquo;appontage et de la mise en place des ancres magn\u00e9tiques. Un nouveau carillon se fait entendre, le message nous souhaite la bienvenue puis nous indique o\u00f9 se diriger dans la zone franche vers les portillons de contr\u00f4le de sortie. Mon petit sac r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, je sors du vaisseau. Le bruit arrive d&rsquo;un coup : les milliers de gens qui parlent, qui rient, qui toussent, s&rsquo;ajoutent \u00e0 la cacophonie ambiante des alarmes aigues de manutention, des bourdonnements graves d&rsquo;alerte de proximit\u00e9, des ancres magn\u00e9tiques qui s&rsquo;accrochent aux Varlets avec un claquement sec, des moteurs qui montent ou perdent en puissance, les annonces informatives et publicitaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Trouver les portillons de sortie, c&rsquo;est facile, il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 suivre la masse de la foule, impossible de se tromper. On avance rapidement, en passant sous un portique de d\u00e9tection multi-senseurs. Les douaniers \u00e0 la mine s\u00e9v\u00e8re portent tous un uniforme blanc impeccable, un arachnopistol sur une hanche, un paralyseur \u00e0 l&rsquo;autre. Ils sont accompagn\u00e9s de logimecs d&rsquo;investigation. Il vaut vraiment mieux d\u00e9clarer ses armes, ses protections, ses proth\u00e8ses et ses drogues avant de passer le portail au risque de subir un contr\u00f4le plus pouss\u00e9 \u00e0 part. Si tu es cool, ils te passent gentiment un container pour tout mettre dedans. Tu re\u00e7ois un re\u00e7u sur ton comset et tu vois tes biens mis en bo\u00eete s&rsquo;envoler \u00e0 toute vitesse dans les bras d&rsquo;un logimec porteur en forme de soucoupe vers la zone de fr\u00eat s\u00e9curis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Je passe sans probl\u00e8me, puis dans le hall du terminal, entour\u00e9e de passagers en transit et de minilogimecs-guide, submerg\u00e9e par les messages audios omnipr\u00e9sents, je branche en r\u00e9seau mon comset sur l&rsquo;infocosme du vaisseau et je vais m&rsquo;asseoir sur un banc pour \u00eatre \u00e0 mon aise. Je navigue sur l&rsquo;holovisu de mon terminal personnel pour envoyer mes demandes de rendez-vous et r\u00e9server mes r\u00e9sidences : la r\u00e9ponse est automatique et quasi imm\u00e9diate. Avant de partir pour la gare taxibulle, je trouve en face de moi, en train de me d\u00e9visager, une jeune et grande femme \u00e0 la peau caramel. Sur son cr\u00e2ne ras\u00e9 une longue m\u00e8che noire aux pointes argent\u00e9es caresse des sourcils finement \u00e9pil\u00e9s. Elle porte une veste longue aux manches relev\u00e9es avec l&rsquo;insigne de la sp\u00e9cialit\u00e9 Passerelle et le grade de Capitaine. Accompagn\u00e9e par un Panzanop\u00e8de, elle semble me reconna\u00eetre, je lui trouve un air tr\u00e8s vaguement familier, mais d&rsquo;o\u00f9 ???<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Venus Primi ? C&rsquo;est moi, Banett. Lawrence\u2026 enfin Laure maintenant\u00a0\u00bb. Ma premi\u00e8re surprise pass\u00e9e, nous nous embrassons, moi un peu g\u00ean\u00e9e quand m\u00eame. Mais quelle incroyable surprise, si je m&rsquo;y attendais LOL !\u2026 Il\u2026 Il ? Euh non, Elle est l\u00e0 pour accompagner un Panzanop\u00e8de, le Capitaine KiQ4Ros, commandant du \u00ab\u00a0Cube \u00e0 Huit Faces\u00a0\u00bb (vous savez, les multidimensions\u2026 !) un Transistel affect\u00e9 \u00e0 la mission d&rsquo;oiseau-pilote de l&rsquo;Esperanza. Le Capitaine KiQ4Ros nous quitte juste apr\u00e8s les pr\u00e9sentations en nous faisant savoir par une image t\u00e9l\u00e9pathique qu&rsquo;il va \u00eatre en retard : dans ma t\u00eate je le vois flotter en fon\u00e7ant vers son vaisseau qui part sans lui, ses pseudopodes paniqu\u00e9s s&rsquo;agitant dans tous les sens puis en s&rsquo;approchant du vide, freiner sauvagement des quatre fers, partir en d\u00e9rapage incontr\u00f4l\u00e9, tomber dans le vide d&rsquo;une mani\u00e8re ridicule et comique, sa derni\u00e8re pens\u00e9e en bulle-image \u00e9tant \u00ab\u00a0De l\u00e0 haut, je vois ma maisoooooooonnnnn\u2026.\u00a0\u00bb. On est pli\u00e9es de rire toutes les deux. Laure m&rsquo;apprend que c&rsquo;est ce qui fait sa renomm\u00e9e dans tout l&rsquo;\u00e9quipage de l&rsquo;Esperanza, son sens unique de l&rsquo;humour en image.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme elle est press\u00e9e, elle me dit qu&rsquo;elle me racontera tout, me donne rendez-vous chez elle pour sa f\u00eate priv\u00e9e dans trois jours et s&rsquo;\u00e9clipse. Je reste l\u00e0, comme un symbiote flagide shoot\u00e9 au somac, quelques secondes \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Laure, enfin l&rsquo;homme Lawrence \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, et moi \u00e9tions dans la m\u00eame classe pr\u00e9paratoire \u00e0 la Guilde Navyborg et nous couchions ensemble. Puis nous nous sommes s\u00e9par\u00e9s apr\u00e8s la remise des dipl\u00f4mes de Ma\u00eetre. Je l&rsquo;ai revu plus tard lorsque je participais \u00e0 un reportage sur la reprise de la ceinture d&rsquo;ast\u00e9ro\u00efdes du syst\u00e8me de B\u00e9lial pendant la deuxi\u00e8me Guerre Arcturienne contre les Graffs. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 Lieutenant, le plus jeune chef d&rsquo;escadrille sur le front et le pilote au plus grand palmar\u00e8s. Moi, je n&rsquo;\u00e9tais encore qu&rsquo;Enseigne et stagiaire dans l&rsquo;\u00e9quipe pressyborg. Puis j&rsquo;ai appris plus tard qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 abattu au dessus de Belial III et r\u00e9cup\u00e9r\u00e9. Maintenant il, non elle, est Commandant en troisi\u00e8me de l&rsquo;Esperanza et elle porte le patronyme Rosa. J&rsquo;en apprendrais s\u00fbrement plus dans trois jours.<\/p>\n\n\n\n<p>Le s\u00e9jour commence d\u00e9j\u00e0 \u00e9trangement. En partant vers la gare de taxibulles, je per\u00e7ois des \u00e9clats de voix et de l&rsquo;agitation au niveau du portail. Je vois mon soldat, le \u00ab\u00a0pseudo-commando de la mort\u00a0\u00bb, en train de se faire menotter alors qu&rsquo;un adminicule arrive \u00e0 toute vitesse. Cet idiot semble s&rsquo;appeler Sergent Al Cabrero. Il aurait mieux fait de passer des vacances sur Pr\u00e9nuptia.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une courte attente, je monte dans un taxibulle, une bulle deux places pilot\u00e9e par navimec, un amour de courtoisie. D\u00e8s que je lui ai donn\u00e9 l&rsquo;adresse de mon conapt, le voil\u00e0 qui part comme une Allumette dans les tunnels de circulation du vaisseau, ferm\u00e9s mais \u00e9clair\u00e9s par des luminobandes qui d\u00e9filent \u00e0 une vitesse terrifiante.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous voil\u00e0 arriv\u00e9 \u00e0 la gare la plus proche de mon nouveau chez moi. Quelques centaines de m\u00e8tres \u00e0 marcher dans une ambiance folle. Je traverse une immense galerie noire de monde, la plupart des gens portent des tenues d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Il y a des personnes seules, des couples, des familles avec enfants, des humains et des exotiques. Un brouhaha joyeux, des parfums sucr\u00e9s ou acidul\u00e9s qui ouvrent l&rsquo;app\u00e9tit, des magasins de pr\u00e9sentation luxueuse d\u00e9versant des musiques m\u00e9lodiques ou des annonces de promotions, sous les arcades soutenues par des colonnes de plastimarbre blanc vein\u00e9 de vert de cuivre\u2026 Ca me rappelle que je n&rsquo;ai presque rien \u00e0 me mettre et qu&rsquo;il faut que je fasse les magasins (merci patron LOL). Mais avant je dois aller \u00e0 cette foutue conf\u00e9rence buffet. J&rsquo;irais crado, c&rsquo;est tout LOL. Et puis les magasins ici sont ouverts 24 heures sur 24. Alors, o\u00f9 est le probl\u00e8me ?<\/p>\n\n\n\n<p>Je passe devant une terrasse en plein air o\u00f9 circule un peu de monde pour admirer le point de vue. Allons voir. Je commence par plisser les yeux \u00e0 cause du soleil\u2026 Soleil ? (NB comset : acheter des lunettes de soleil). C&rsquo;est surprenant m\u00eame apr\u00e8s avoir lu l&rsquo;holoplaquette. Puis je sens sur mon visage une brise\u2026 une brise marine rafra\u00eechissante au parfum l\u00e9g\u00e8rement iod\u00e9 !!! Mais o\u00f9 je suis, l\u00e0 ? Sur une plan\u00e8te ou un vaisseau ? On peut lire tout ce qu&rsquo;on veut sur tout, tant qu&rsquo;on ne l&rsquo;a pas exp\u00e9riment\u00e9, on ne peux pas vraiment savoir !<\/p>\n\n\n\n<p>Je me rapproche de la balustrade. Quelle vue vertigineuse ! La terrasse se trouve \u00e0 plus de mille m\u00e8tres de hauteur, au-dessus d&rsquo;un oc\u00e9an turquoise frang\u00e9 d&rsquo;\u00e9cume et ocel\u00e9 d&rsquo;atolls verdoyants aux plages de sable blanc, sur lequel voguent de nombreux petits navires blancs. Et je peux presque toucher les nuages. En me concentrant un peu, j&rsquo;arrive \u00e0 Percevoir au-del\u00e0 du champ de force le Triche-Lumi\u00e8re et ses m\u00e9langes de sensations, les courants et les Varlets qui entourent le Lehouine.<\/p>\n\n\n\n<p>Je quitte la terrasse pour enfin rejoindre mon conapt. Un conapt grand comme quatre fois le mien sur Hyacinthe, au moins quatre cents m\u00e8tres carr\u00e9, un quatre pi\u00e8ces luxueux, \u00e9quip\u00e9 d&rsquo;un mobilier beau et fonctionnel, une autocuisine, des murs triD (mode programmes ou paysages). Pas le temps de jeter mon sac quelque part, d\u00e9j\u00e0 j&rsquo;entends la voix synth\u00e9tique de la pseudo-IA : \u00ab\u00a0Bonjour Mademoiselle Primi, je suis votre domomec. Voulez vous que je me charge de vos affaires ?\u00a0\u00bb. Mais comme je n&rsquo;ai presque rien, je r\u00e9ponds non. \u00ab\u00a0Bien Mademoiselle. Je reste \u00e0 votre enti\u00e8re disposition\u00a0\u00bb. Je l&rsquo;en remercie puis je d\u00e9couvre la chambre avec son lit spacieux garni de vrais draps. Pour s\u00fbr, \u00e7a va me changer de ma couche \u00e0 suspenseurs. Comme il me reste deux heures, je vais en profiter pour prendre une douche. Et l\u00e0 je d\u00e9couvre que ma salle de bain n&rsquo;a pas de douche \u00e0 particules mais \u00e0 eau. Elle fait aussi jacuzzi. Impressionnant ! Juste le temps de commander au domomec de m&rsquo;avertir dans une heure trente de mon rendez-vous \u00e0 la conf\u00e9rence, de me r\u00e9server en m\u00eame temps un taxibulle, et je me plonge dans une eau chaude et bouillonnante qui me chatouille la peau et me relaxe. Je suis tellement d\u00e9tendue que je commence \u00e0 m&rsquo;assoupir, mais par habitude, je me r\u00e9veille cinq minutes avant l&rsquo;heure fatidique, momentan\u00e9ment revigor\u00e9e. Apr\u00e8s un bref s\u00e9chage \u00e0 l&rsquo;air chaud, je rejoins ma chambre pour remettre mes v\u00eatements jet\u00e9s n&rsquo;importe comment comme d&rsquo;habitude. J&rsquo;ai juste le temps de voir un mini-valet s&rsquo;enfuir sous une trappe. Je retrouve mes v\u00eatements lav\u00e9s repass\u00e9s, rang\u00e9s sur le lit, un coup du domomec pour s\u00fbr. Il m&rsquo;en faudrait un chez moi LOL !<\/p>\n\n\n\n<p>Me voila partie pour la conf\u00e9rence qui a lieu dans une partie de C\u00e9lestia d\u00e9di\u00e9e aux affaires. J&rsquo;entre dans une immense salle \u00e0 colonnades en plastior aux gravures repr\u00e9sentant l&rsquo;histoire des Ed\u00e9niens avant la mort de leur soleil, surmont\u00e9e d&rsquo;une fausse coupole de cristal sens\u00e9e laisser entrer la lumi\u00e8re du soleil. Il y a d\u00e9j\u00e0 du monde qui attend le d\u00e9but de la conf\u00e9rence, aucun que je connaisse. La majorit\u00e9 d&rsquo;entre eux cabotent autour du buffet couvert de mets fins et exquis. Il y a m\u00eame une assiette de d\u00e9licieux loukroums qui n&rsquo;attendraient que moi si les morfales n&rsquo;\u00e9taient pas d\u00e9j\u00e0 en place. \u00c7a me rappelle un autre dicton du patron : \u00ab\u00a0Coco, dans les buffets, il y a toujours trois types de personnes : les morfales, d\u00e9j\u00e0 autour de la table, les retardataires qui devront se faufiler pour n&rsquo;obtenir qu&rsquo;un petit canap\u00e9 et les affam\u00e9s. Si tu as faim, arrive en avance. Si tu veux interroger le conf\u00e9rencier, arrive en retard.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Vu la tronche des morfales, je peux dire adieux aux loukroums. C&rsquo;est donc tristement que je me rapproche de l&rsquo;estrade, mon estomac \u00e9mettant des borborygmes que j&rsquo;essaye de cacher, honteuse.<\/p>\n\n\n\n<p>La commerciale Communications monte sur l&rsquo;estrade et commence un discours qui me gave d\u00e9j\u00e0. Alors, tout en laissant branch\u00e9 le micro de mon comset pour enregistrer son discours, j&rsquo;en profite pour naviguer sur l&rsquo;infocosme et voir ce que je pourrais m&rsquo;acheter tout \u00e0 l&rsquo;heure dans les boutiques de fringues. Je re\u00e7ois aussi la confirmation de la sortie plong\u00e9e et touristique de demain sur un monocoque, avec une teknote \u00e9cologiste comme guide.<\/p>\n\n\n\n<p>Les commerciaux ont \u00e9t\u00e9 sympas de faire \u00e7a court, pas plus de trente minutes, pour nous convier ensuite au buffet. Le temps que je me rapproche, les loukroums ont d\u00e9j\u00e0 tous disparu. Je r\u00e9ussis quand m\u00eame \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer une coupe de nectar d\u00e9nabian et quelques canap\u00e9s d&rsquo;\u0153ufs de morine, mais les meilleurs mets se sont d\u00e9j\u00e0 volatilis\u00e9s. En faisant le tour des pressyborgs, je constate que la plus part sont des photocopoches, comme on dit dans le m\u00e9tier. Des pressyborgs qui se recopient entre eux le travail d&rsquo;un pigeon qu&rsquo;ils ont attir\u00e9 puis captur\u00e9. Donc, vaut mieux que je m&rsquo;\u00e9loigne vite fait d&rsquo;ici et que je ne les revoie plus avant la fin du s\u00e9jour, ou bien il y aura des coudes qui vont voler et des plexus solaires qui vont claquer ! Pas la meilleure mani\u00e8re de commencer ses vacances LOL !<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de partir comme une voleuse, je me commande un taxibulle puis je m&rsquo;\u00e9clipse en douce pour aller faire directement mes achats. Braquer les magasins. D&rsquo;abord des v\u00eatements plus ad\u00e9quats \u00e0 la vie ici que ma combi abestos anthracite, mon tee-shirt et mes bottines, se fondre avec le terrain. Je me choisis un d\u00e9bardeur, un pantalon large, un petit gilet \u00e0 larges poches et des sandalettes pour aller avec. Apr\u00e8s, pour la plage, un maillot deux-pi\u00e8ces blanc assorti \u00e0 la couleur de mes cheveux, des mules, une serviette de bain et une paire de lunettes de soleil. Puis j&rsquo;en profite pour m&rsquo;acheter quelque chose plus sport, une brassi\u00e8re, un shorty et des sporties. Quand je sors du magasin, le vendeur a un grand sourire. Il a fait du chiffre. Et moi aussi j&rsquo;ai le sourire parce que le chiffre en question ne sera pas d\u00e9bit\u00e9 de mon compte. Je passe plus de temps dans le deuxi\u00e8me magasin pour me trouver une tenue de soir\u00e9e. Je dois bien essayer la moiti\u00e9 du stock de la boutique, la vendeuse au bord de la crise de nerf. Finalement je choisis une robe longue \u00e0 holomotifs, tr\u00e8s pr\u00e8s du corps, \u00e0 large d\u00e9collet\u00e9 et \u00e0 fines bretelles. Ensuite je rajoute les accot\u00e9s, n\u00e9cessaires ou pas : un ch\u00e2le soyeux assorti \u00e0 ma robe, de ravissantes petites sandales compens\u00e9es, une vraie trousse de toilette bien compl\u00e8te, quelques parfums, des sous-v\u00eatements, un petit sac \u00e0 main et une bo\u00eete de stimmos. J&rsquo;allais les oublier ceux l\u00e0\u2026 L\u00e0 aussi la vendeuse est radieuse en faisant les comptes. Moi cette semaine, je ne compte pas LOL.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;arrive enfin au conapt, heureuse mais fourbue. Pas le temps de regarder les messages publicitaires qui inondent d\u00e9j\u00e0 la messagerie du domomec, les marchands ne ch\u00f4ment pas ici ! J&rsquo;ai juste la force de jeter mes achats sur le lit et de virer mes bottines et ma combi pour \u00eatre plus \u00e0 mon aise. Pendant que le domomec fait ranger mes nouvelles affaires \u00e0 ma demande, je sirote un cocktail local affal\u00e9e sur la chaise longue de la terrasse, caress\u00e9e par un petit vent chaud bien agr\u00e9able et hypnotis\u00e9e par un incroyable coucher de soleil alors que deux lunes apparaissent \u00e0 l&rsquo;horizon.<\/p>\n\n\n\n<p>Trop fatigu\u00e9e pour go\u00fbter le goulash que je me suis faite pr\u00e9par\u00e9e, alors que je me sens tomber, je quitte la terrasse pour m&rsquo;affaler mollement face contre le lit, avec juste assez de force pour commander au domomec les param\u00e8tres de mon r\u00e9veil et le menu du tid\u00e8je, juste avant de sombrer.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce lit est si doux\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Texte original de SPQR<\/em><br><em>Corrections et remise en forme de St\u00e9phane &lsquo;Capitaine Cosmos&rsquo; Devouard<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vacances sur l&rsquo;Esperanza &#8212; post\u00e9 le 22-23 Brah\u00e9 1510 TU (Extrait du blog de Venus Primi, pressyborg) \u00ab\u00a0C&rsquo;est toujours l&rsquo;actu qui d\u00e9cide quand on part et l\u00e0 y&rsquo;en a une br\u00fblante pour toi, Coco ! 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